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El Hadj Soumah
Mr Soumah, Bonjour. La Guinée a récemment perdu un de ses grands opposants historiques. Que vous inspirait Ba Mamadou ?
Bonjour Mr Coumbassa. Vous me donnez l’occasion de rappeler à certains de nos compatriotes l’un des enseignements de la religion relative à la crainte de l’au-delà. Il faut savoir taire les querelles face à la mort qui attend chacun d’entre nous. C’est aussi une question de savoir vivre et de bonne éducation.
La GéCi ne remerciera jamais assez le « Doyen » d’avoir secoué le cocotier au moment où la Guinée embrassait le multipartisme et pendant qu’un silence assourdissant serrait la gorge de ceux qui pouvaient s’égosiller sans discontinuer.
Il a été de tous les combats avec un courage et une détermination sans faille. Mais comme la vie publique est faite de succès, d’échecs et d’erreurs, nous ne retiendrons de lui que ce qui le fera entrer au panthéon de l’histoire politique de la Guinée. Croyez-moi mon frère, nous y travaillerons.
Vous êtes à la tête d’un nouveau parti politique dénommée Génération Citoyenne. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de la création du parti ainsi que le choix de ce nom ?
Les raisons sont multiples et multiformes :
La première est que nous ne pouvions plus nous limiter à animer des cercles de réflexions, des associations et des ONG au moment où la situation de crise du pays interpelle toutes les consciences. Il devient inévitable, voire obligatoire de passer à la phase de l’engagement politique citoyen. Pour votre information, la quasi-totalité des membres de la Fédération de France n’ont jamais adhéré à un Parti politique. C’est vous dire que nous avons une responsabilité partagée dans la médiocratie ambiante qui a sorti du néant des individus qui n’auraient jamais du accéder à des postes de responsabilités.
La Guinée est à la croisée des chemins une fois de plus et il convient de ne pas rater ce virage dont dépendra la survie du pays. C’est pourquoi nous nous sommes transformés en acteurs engagés afin d’intervenir directement dans le processus de la transition amorcée par le CNDD.
Une autre raison est que la plupart des Partis existants sont la propriété exclusive de leurs chefs et qu’aucun changement ne peut être initié par la base.
Enfin, c’est l’occasion d’impliquer la jeunesse qui a été écartée de la vie de la Cité et qui a sombré dans l’indifférence quasi-générale.
Pour ce qui est de la seconde question, le choix de la dénomination Génération Citoyenne remonte à l’avènement du gouvernement dit de large consensus pour lequel tous les espoirs étaient permis.
Il fallait une nouvelle génération d’acteurs rompus à la cause nationale et qui faisaient de la citoyenneté le corolaire du patriotisme et de la compétence. Mais le ministre de l’intérieur de l’époque avait refusé de nous délivrer l’agrément. Aujourd’hui, la Génération Citoyenne est un Parti de masses qui a fait une large place à la jeunesse au sein de son Bureau exécutif.

Aujourd’hui, plusieurs partis politiques sont présents sur le terrain sans forcément plus d’efficacité. Votre parti ne sera-t-il pas un parti de trop ?
Non seulement La GéCi n’est pas de trop, mais elle n’est pas un Parti en plus. Elle répond à une attente de plus de la majorité de la population guinéenne, c'est-à-dire la jeunesse dans son ensemble. Les faits sont têtus et ils ont prouvé à suffisance qu’il n’y avait pas de réel contrepouvoir aux dérives qui ont conduit à la déliquescence de l’Etat et à la paupérisation de nos populations depuis l’indépendance.
Maintenant, la GéCi entend être le catalyseur de ceux qui sont communément appelés les « sans voix » que tous les Partis s’arrachent au moment des élections uniquement. Par honnêteté intellectuelle, nous avons pris l’engagement de faire en sorte que chaque jeune soit recensé même s’il n’appartient pas à notre Parti. Les jeunes ont pris conscience de leur force et s’organisent peu à peu en prévision des futures échéances électorales.
Par ailleurs, critiquer le trop-plein de Partis c’est verser dans la reconduction de ceux-là mêmes qui ont échoué depuis plus de 50 ans ou qui ont eu une attitude passive condamnable.
A présent, une recomposition des forces en présence devient nécessaire et cela passe par le renouvellement de la classe politique. Il nous faut du sang neuf et des individus à la virginité politique avérée. A contrario, la désaffection du Guinéen pour la chose publique provient de ce vide que nous entendons combler avec des idées novatrices et à travers un débat contradictoire posé et positif.

De plus en plus de Guinéens se prononcent pour un modèle politique basé sur le bipartisme en raison des bases ethniques non avouées de nos partis. Vous, Que pensez-vous du bipartisme ?
Le Bipartisme n’est pas la panacée, même si dans la réalité politique de certains pays démocratiquement avancés nous avons la Gauche et la Droite en France, les travaillistes et les conservateurs au Royaume-Uni, les Démocrates et les Républicains aux Etats-Unis, etc.
La GéCi montre qu’il est possible de rassembler les Guinéens au delà de l’appartenance ethnique et des replis identitaires. La jeunesse guinéenne n’a pas de coloration, encore moins de clichés. Elle est d’abord Guinéenne et nous la voulons géciste in fine.

Nous sommes en période de transition qui prendra fin, normalement, avec l’organisation des élections libres et transparentes. Votre parti compte-t-il présenter des candidats aux élections législatives et présidentielles ? Vous-même, comptez-vous être un des candidats ?
Vous avez bien dit « normalement » car rien ne prouve que tout soit bouclé dans les délais impartis. Cela part d’un manque d’organisation et de la précipitation de certains politiques qui ne voient que leurs intérêts égoïstes et minimalistes dans l’immédiat. Le temps leur semble compté. A moins qu’ils ne jouent leurs dernières cartes ! Du coup, dès qu’un nouveau Parti parle de report ou de prendre le temps de bien faire, ils rétorquent que c’est pour un gain de temps pour défaut d’implantation.
En l’état d’avancement de l’enrôlement des Guinéens de tous bords et des moyens financiers en notre possession, il serait naïf ou suicidaire de penser que nous pourrions boucler tout le processus au mois de novembre prochain selon le chronogramme proposé par les forces vives qui n’ont pas fait preuve de sagesse ni de prospective.
Mais quel que soit le cas de figure, nous serons présents aux élections législatives et nous obtiendrons le maximum de sièges à l’Assemblée Nationale.
Pour ce qui est de la Présidentielle, c’est à notre Congrès de désigner celui d’entre nous qui serait le mieux à même de remporter la victoire finale. Et si c’est ma modeste personne qui est désignée, je ne me déroberai pas car nous voulons, nous pouvons et nous allons conquérir ce pouvoir démocratiquement pour le bien-être généralisé.

Pouvez-vous lister les priorités de votre parti pour sortir la Guinée sa léthargie ?
Nous commencerons par faire l’inventaire complet des ressources nationales comme base de calcul au coût de notre programme économique et nous renégocierons les conventions qui ne génèrent pas des ressources économiques réelles pour notre pays.
Nous appliquerons notre programme sur 3 fronts :
Tout d’abord l’éducation idéologique, civique et politique du Guinéen nouveau afin de reformater les mentalités sans lesquelles la rupture initiée par la GéCi ne serait pas très bien intégrée. C’est par exemple le cas des policiers qui tiennent au quotidien les cahiers de « doléances » au vu et au su de tous ainsi que les trafics de toutes sortes. Depuis l’obtention de l’agrément, nous organisons des « forums citoyens » au cours desquels nous demandons la contribution de chacun afin de peaufiner un projet de société adapté et acceptable par le plus grand nombre. Nous en profitons aussi pour leur montrer l’étendue de leurs Droits et les devoirs qui vont avec. Ces rencontres citoyennes initiées par la GéCi entrent dans le cadre de la formation et de l’embrigadement de nos militants qui ne sauraient appartenir à un Parti sans en connaître tous les attributs.
Ensuite résorber le chômage endémique des jeunes par la création d’un ministère du secteur informel qui serait un pôle-emploi et qui collecterait toutes les données relatives à une meilleure organisation de cette force de travail qui est notre première richesse, en microprojets appuyés par des microcrédits. Nous financerons cette nouvelle disposition grâce à la mise en place d’une politique de partenariat d’aide au retour des Guinéens en identifiant les chaînons manquants à un transfert formel de leur capitalisation dans tous les domaines afin de créer un monde guinéen que nous appelons la Grande Guinée, et dans laquelle il n’y aurait plus de distinction entre ceux qui vivent au pays et ceux qui sont à l’étranger.
Enfin, en plus de la politique économique, sociale et financière, nos objectifs structurels porteront sur les infrastructures et l'agriculture afin que les surplus dégagés soient orientés vers des projets de développement.
- Nous créerons un ministère des infrastructures économiques afin de mettre le pays au travail et lui permettre de rattraper son retard dans les domaines récurrents de l’électrification, de l’adduction d’eau et de la construction des routes prioritairement.
- Nous accorderons la primauté à l’agriculture afin d’assurer la sécurité alimentaire, freiner l’exode rural, encourager la production et la consommation locales, modifier les comportements alimentaires, assurer l’autosuffisance alimentaire et l’exportation dans le but inavoué de devenir le grenier de la sous-région, voire du continent.
- Nous négocierons l’annulation pure et simple de la dette car elle n’a pas profité aux populations. Et au vu des dossiers, nous nous retournerons vers les auteurs de tous les détournements des deniers publics.
- Nous programmerons les audits de tous les secteurs névralgiques, de tous les anciens PM, les ministres qui ont eu en charge les finances publiques et les mines, les sous-traitants de l’Etat appelés « opérateurs économiques » et bien d’autres. Enfin, nous passerons au peigne fin les tenants et aboutissants des auditeurs actuels car nous présumons que les montants collectés sont très en-deçà des sommes détournées dans une Guinée qui a été le 4ème pays le plus corrompu au monde et le numéro un en Afrique entre 2006 et 2007. De plus, il est inconcevable de confondre des gens coupables de malversations financières sans qu’il n’y ait de suites judiciaires. La GéCi utilisera des auditeurs étrangers expérimentés et indépendants afin d’édifier les populations de l’ampleur des dégâts. Il est temps que dans notre pays les citoyens vivent en fonction de leurs revenus et c’est pourquoi nous procéderons à la justification des Biens mal acquis pour renflouer les caisses de l’Etat que nous trouverons certainement vides. C’est la même chanson pour chaque nouvel arrivant.
- La refonte de l’Etat sera nécessaire et nos équipes travaillent déjà sur des dossiers épineux comme le choix du Régime, la durée et le nombre de mandats que nous voulons limiter à 2 quinquennats intangibles, la représentation des Guinéens de l’extérieur à l’assemblée avant de faire disparaître ce vocable, le nettoyage du fichier de la fonction publique avec la décentralisation du surplus des effectifs à l’intérieur du pays et la tolérance zéro pour les tricheurs.
- Nous allons constituer des régions économiques sur la base de critères économiques et non pas des quatre régions naturelles stricto-sensu. Le Guinéen ne fonctionnera plus sur la base d’appartenance à une région spécifique. Il y aura des zones à prédominance coton, cacao, banane, café, riz, mil, etc.
- Conakry sera la capitale économique et nous envisageons de déplacer la capitale politique à environ 100 kilomètres, tout comme l’aéroport qui serait loin des habitations à une cinquantaine de kilomètres afin de ne pas trop pénaliser les voyageurs. Ainsi l’actuel emplacement de Gbessia serait un centre d’affaires constitué de bureaux reliés directement au plateau de Kaporo-rails. Nous proposerons un plan directeur d’urbanisation de la presqu’île de Kaloum bordée de plages.
- Dans le cadre de la bonne gouvernance économique nous allons stabiliser les prix pour contenir l’inflation et assurer la stabilité des taux de change et du système financier.
- La relance du secteur privé sera assurée par des investissements sécurisés et des textes de lois susceptibles d’attirer et de protéger les investisseurs. La surveillance et la répression des délits économiques seront renforcées et exercées avec célérité.
- L'emprunt sera sélectif et le système fiscal sera profondément réévalué afin d’assurer le maximum de rendement sans freiner l'activité économique.
- L'impôt sera à la fois un facteur de développement et de redistribution des revenus afin de combattre les inégalités.
- L’accès à la propriété sera généralisé et facilité à travers des accords avec des consortiums du bâtiment ou des banques pour des locations ventes et des habitations à loyer modéré.
- Au niveau du sport, un Institut Supérieur des Sports sera créé dès le début de la gouvernance afin que la Guinée soit présente dans toutes les compétitions internationales.
- Au niveau des syndicats et en dépit de la perte de vitesse constatée suite à différents errements des principaux leaders, le syndicalisme citoyen sera un instrument de mobilisation des travailleurs dans le sens du développement surtout.
Au niveau de la réalisation de l'unité politique de l'Afrique, la GéCi se rapprochera des autres Partis politiques africains afin d’accélérer la réalité africaine et pousser les sempiternelles rencontres entre chefs d'Etat de l'UA à finaliser ce projet essentiel qui nous permettrait d’obtenir, non seulement un droit de véto aux Nations-Unis mais d’avoir une politique concertée pour nos matières premières, le transfert des compétences, l’interconnexion de nos universités, la professionnalisation médicale, agricole, etc.
- Au niveau des relations extérieures, non seulement la représentation diplomatique sera allégée dans le cadre de la réduction des dépenses de l’Etat en nous appuyant sur les autres Etats par une mesure de réciprocité, mais nous allons innover dans le domaine du co-développement en posant les bases d’une véritable politique d’intégration africaine, de coopération Sud-Sud et Nord-Sud selon la nouvelle règle du donnant-donnant et gagnant-gagnant. Enfin, nous privilégierions une solution africaine au règlement des conflits sur le continent si nous ne pouvons pas les régler en amont.
- Au niveau gouvernemental, le Parti combattra toutes les formes de gaspillage à commencer par le budget de fonctionnement des ministères et les dépenses de prestige. C’est pourquoi le nombre de ministère sera très limité avec l’obligation pour chaque ministre de déclarer ses Biens au début de sa mission afin de tracer l’existant au moment de son départ. De plus, il sera tenu pour responsable de la moralité de ses collaborateurs car il est temps d’arrêter de couvrir le chef qui ne sait jamais ce qui se passe dans son département. Enfin la GéCi entend initier une politique de rupture avec les agissements du passé en mettant à la disposition de tous les citoyens le montant des salaires des fonctionnaires revus à la hausse et ceux des membres du gouvernement.
- Les anciens véhicules seraient utilisés par les nouveaux venus qui occuperaient leurs maisons personnels comme appartements de fonction avec une indemnité de logement. Les sacrifices devront être partagés et personne ne viendra en CDD, à moins que ce ne soit sur des initiatives personnelles pour servir le pays.
- Les banques seront tenues d’ouvrir des comptes à tous les salariés de la fonction publique et plus généralement à tous les Guinéens qui le désirent afin que les salaires soient versés par virement bancaire. La même disposition serait imposée au secteur privé afin de quantifier la masse monétaire en circulation, combattre l’argent sale et les faux billets.
- La Poste aura pour principale mission de créer une convergence avec les établissements équivalents à l’étranger afin que tout le monde puisse opérer des échanges d’argent et de courrier à partir de n’importe quel endroit de la planète. De plus, elle devrait mettre à disposition suffisamment de boites postales en attendant que toutes les rues soient numérotées puis baptisées du nom des Guinéens et des Africains émérites comme les combattants de l’indépendance, les morts et les disparus du tristement célèbre camp Boiro, les exilés politiques décédés à l’étranger, les martyrs de janvier et février 2006 pour lesquels le pays a un devoir de mémoire, les citoyens modèles qui poseront des actes, etc.
Donc, il y aura un secteur totalement libre où tout le monde pourra développer des activités en prenant des risques et sans l’intervention de l'Etat et un domaine communautaire soutenu par l'Etat qui apportera la croissance en dégageant l'épargne qui, ajoutée à celle du secteur privé, assurera un développement non dépendant de l'extérieur.
Enfin, il est certain que nous privatiserons certains secteurs pour renflouer les caisses de l’Etat mais dans l’intérêt des ménages.
Oui, nous pourrions nous passer de l’aide extérieure en dehors des cas de force majeure ou des catastrophes naturelles. La nature nous a dotés de ce qui aurait fait le bonheur de tout dirigeant ayant le souci de développer son pays. La Guinée dispose dorénavant de réelles compétences pour assurer une meilleure qualité de vie à ses populations et organiser un pays où il fait bon vivre.

Avez-vous des échos en Guinée quant à la popularité de votre parti en Guinée?
Lors de notre conférence de presse du 20 juin liée à la mise en place de la fédération de France, la réunion de samedi dernier au siège du Parti à Kaporo sera diffusée sur notre site que nous présenterons séance tenante. Ensuite tout le monde pourra le visionner sur notre site : www.ge-ci.org.
A ce jour, nous avons des Comités de base dans les 5 communes de Conakry. Nous nous élargissons à l’extérieur de la capitale et nous existons dans les 3 autres régions naturelles.
Les jeunes sont tellement motivés et entreprenants que la logistique a du mal à suivre pour un Parti naissant. Mais chacun y met du sien et prend ses responsabilités par rapport à la ligne du Parti qui a été distribuée à tous les militants et aux personnes susceptibles de nous rejoindre.
A l’étranger les fédérations de Tunisie, du Maroc, de l’Algérie, de Russie et de Washington sont déjà en place. Nous serons bientôt présents à Montréal, au Ghana, au Sénégal et dans la Sous-région.

La plupart des grands partis politiques guinéens sont tenus par des anciens ministres ou premiers ministres de la deuxième république, qui ont souvent été parachutés à la tête de partis. La connaîtra t-elle le même sort ? Autrement dit un ancien ministre ou premier ministre ne sera-t-il pas coopté à la tête de parti ?
Le Président de la GéCi est diplômé en techniques financières et bancaires supérieures puis en analyse financière. Il est un haut cadre dans la première Bourse mondiale NYSE-Euronext qui regroupe les places financières de Paris, Lisbonne, Bruxelles, Amsterdam, Londres et New-York. Il a acquis une expérience d’une vingtaine d’années dans le domaine de la haute finance et possède un carnet d’adresses susceptibles de favoriser la mobilisation d’énormes capitaux pour le développement de notre pays. Il a décidé de mettre tout cet acquis au service de son pays et vous croyez qu’il servirait de cheval de Troie à un ministre ou un ex PM ? Nous ne ferons alliance ni allégeance devant aucun ancien ministre ou PM qui serait à la conquête du pouvoir suprême. Nous sommes convaincus qu’on ne peut pas faire du neuf avec du vieux. Pire, nous ne nous compromettrons jamais avec ceux qui ont eu une parcelle de pouvoir dans les 2 régimes ni d’autres individus qui ont contribué à la descente aux enfers des populations guinéennes.
La Guinée dispose d’assez de brillances et de compétences pour pouvoir se passer de quelques dizaines de personnes. Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de cadres guinéens à l’intérieur du pays, dont la compétence bien que reconnue, n’a jamais été utilisée à bon escient.
La GéCi n’a pas de gourou, encore moins de financiers tapis dans l’ombre. Nous fonctionnons en comptes propres même si ce n’est pas facile et nous avons le souci de l’indépendance et de l’autonomie financière du Parti.
Pour résumer, sachez qu’au sein de la GéCi nous marchons ensemble et non pas derrière quelqu’un.

Parlons maintenant de l’actualité. Pour beaucoup d’observateurs il est improbable que les élections soient organisées en cette fin d’année 2009. Le Président Moussa Dadis Camara, quant à lui, pourrait se porter candidat en 2010, ce qui fera de lui juge et arbitre. Les élections libres et transparentes sont-elles compromises ?
Permettez-moi de revenir sur une affaire qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours : il s’agit de l’envolée verbale du Chef de l’Etat à l’endroit de l’Ambassadeur d’Allemagne basé en Guinée.
Oui, Mr Coumbassa, il n’y a qu’en Guinée qu’on a chanté, dansé et cru qu’on pouvait rester digne dans la pauvreté. Je m’inscris en faux contre cette ingérence dans nos affaires intérieures et les propos déplacés de ce diplomate qui a osé défier notre magistrat suprême. Cette question n’était pas de lui à coup sûr car en diplomate avisé, il savait qu’il outrepassait ses prérogatives et la retenue qui est de mise dans son rôle de facilitateur pour l’organisation des prochaines élections.
Oui, Mr Coumbassa, il n’y a que le Guinéen à se tirer une balle dans les pieds et à continuer à philosopher.
Pour en revenir à votre question, la GéCi pense qu’avant d’être libres et transparentes, les élections se doivent d’être démocratiques ; donc cela veut dire que tout Guinéen qui remplit les conditions fixées par notre constitution pourrait briguer la magistrature suprême. Nous ne craignons personne et nous ne nous focalisons pas sur les intentions des uns ou les manœuvres des autres. Nous nous préparons sereinement à conquérir le pouvoir dans la paix et la clarté.

Que pense-la GéCi du Président Moussa Dadis Camara, du CNDD et des méthodes de gestion du pays utilisées pour conduire la transition ?
Le patriotisme du président Moussa Dadis Camara ne souffre d’aucune ambigüité et il l’a suffisamment démontré depuis la prise du pouvoir. J’ai eu l’occasion de m’en apercevoir pour avoir eu l’opportunité de le rencontrer. Mais le Guinéen a la mémoire courte et ce n’est pas pour rien que le PDG continue à faire la pluie et le beau temps chez nous.
Souvenez-vous de notre crainte de voir le pays basculer dans la guerre civile ou l’éternel recommencement durant la longue maladie du Président Conté. N’oublions pas que les Guinéens ne voulaient surtout pas entendre parler de ceux qui étaient prédestinés à assurer la succession !
Au risque de sa vie, ce jeune capitaine a pris le pouvoir sans effusion de sang et a commencé à formater une Guinée nouvelle. Bien que je sois réfractaire à l’armée depuis la mort de centaines de jeunes Guinéens, j’ai souscris à toutes les mesures courageuses et salutaires qui allaient dans le bon sens au point de publier une chronique au sortir des 100 premiers jours en accordant la Mention Bien au CNDD. Il a offert des funérailles d’Etat à l’un de ses ministres le plus méritant ; je veux parler de Monsieur Ibrahima Diakité qui manque à ce gouvernement sans envergure dont personne ne parle. Nous en sommes arrivés à un point lamentable où les Guinéens ne savent même pas qu’ils ont un gouvernement qui gouverne. En dehors des ministres militaires et de quelques civils comme Monsieur Frédéric Kolié qui a joué la carte de la transparence et qui s’attèle à jouer sa partition dans la transition, la liste serait très courte. Le pays n’est pas gouverné, il est commandé.
Un autre exemple éloquent concerne la décoration du Doyen Bah Mamadou. Il a prouvé que la Guinée savait reconnaitre et récompenser ses enfants valeureux. Bon sang que demande le peuple ? Certains parlent des forages dans le « château d’eau » de l’Afrique, mais faut-il utiliser une baguette magique pour faire jaillir l’eau ou rester les bras croisés ? Ce problème date-il de l’avènement du CNDD ? Les autres pays ne connaissent-ils pas des problèmes de délestage, etc ? Je suis le premier à regretter ce retard qui nous plonge encore au Moyen-âge alors que nous sommes à l’aube du 3ème millénaire, c’est pourquoi nous ferons en sorte que les Guinéens aient de l’eau au robinet et une ville éclairée. C’est possible et nous le ferons.
Mais pendant ce temps, tout est fait pour le déstabiliser et le pousser à la faute alors que c’est le moment de lui trouver une porte de sortie honorable et pérenne pour services rendus à la nation. Cette disposition serait nécessaire aussi pour l’armée afin qu’elle accepte beaucoup plus facilement de reprendre sa fonction régalienne qui est la surveillance du territoire en particulier et d’en faire un corps de métiers participant à la construction d’un pays où tout est à faire.
Pire, certains esprits malfaisants s’amusent à diviser l’armée en ne se souciant pas de l’éventualité d’une rébellion armée à nos frontières, d’une guerre civile ou d’une insurrection populaire. Mais où étaient tous ceux qui s’agitent en ce moment pendant que le pays mourrait à petits feux ?
Enfin, ceux qui s’amusent à vouloir déstabiliser notre pays devraient savoir que tout malheur provoqué du peuple guinéen ferait tâche d’huile dans les pays limitrophes. Et advienne que pourra.
La GéCi refuse la politique de la terre brûlée voulue par certains ou celle de la chaise vide prônée par d’autres. Notre soutien au CNDD est plus de raison que de connivence. Donc nous soutenons le Président Moussa Dadis Camara et le CNDD même si ce soutien ne saurait être inconditionnel.
La GéCi se borne à ce qui nous rassemble et ce que nous pourrions partager équitablement, TOUS ENSEMBLE.

Je vous laisse le mot de la fin
La GéCi a pour principe de dire ce qu’elle fera et de faire ce qu’elle a dit. Elle en apportera la preuve matérielle une fois au pouvoir.
La GéCi vous remercie de lui avoir donné l’accès à votre site qui est devenu un élément incontournable de la Toile guinéenne et nous tendons la main à la jeunesse guinéenne où qu’elle soit.
Vive la Guinée, Vive l’Afrique et Vive la GéCi.